Histoire d'O...LDARRA

Depuis 1946

L'esprit Eresoinka

1936. La guerre civile fait rage en Espagne. Irun est en flammes.  Le Président du Gouvernement Basque, José Antonio Agirre, est retranché à Santander avec les membres de son gouvernement. Un an plus tard, alors que Franco est sur le point de remporter la victoire finale et d’installer la dictature en Espagne, Agirre veut créer un groupe qui sera chargé de porter la culture basque, par le chant et la danse, dans le monde entier. Ce groupe prendra le nom d’Eresoinka.

1926. Elai Alai

Segundo Olaeta crée Elai Alai, un groupe de danses basques pour enfants. Quand la guerre civile éclate, il se réfugie à Donibane Garazi (St-Jean-Pied-de-Port) avec une quarantaine de jeunes danseurs. En mai 1939, Elai Alai et Eresoinka se produisent ensemble pour la dernière représentation d’Eresoinka, au théâtre de Chaillot, à Paris, en présence du Président Agirre. En octobre, les deux compagnies sont dissoutes, Elai Alai retourne à Gernika, et Segundo Olaeta se réfugie à Briscous.

1937-1942

Dans un contexte difficile, Segundo Olaeta forme de jeunes danseurs. Mais il doit partir : son école de danse de Bilbao est menacée de fermeture s’il n’y retourne pas. On est en décembre 1942.

L’abbé Aranburu prend en charge les répétitions de chant, mais il se décourage devant le manque de sérieux des chanteurs.

Un des membres du groupe, Joantxu Hillau, fait venir Philipe Oyhamburu.

1946. Olaeta devient Oldarra

Segundo Olaeta n’est plus là. Philippe Oyhamburu, devenu Directeur artistique, considère qu’il n’y a plus de raison de garder ce nom et rebaptise le groupe « Oldarra ».

Dès 1947, Oldarra présente « Lurargi » au Grand Théâtre de Bordeaux ; un triomphe en présence du maire, Jacques Chaban-Delmas, et de Telesforo Monzon, Ministre de l’Intérieur du Gouvernement Agirre, Manuel de la Sota et Gabriel Olaizola, créateurs d’Eresoinka en 1937.

En 1950 naissent les « Pinpirinak », le groupe des danseurs juniors.

 

 

1951. 17 rue Duler

A la recherche d’un local depuis longtemps, Oldarra trouve enfin. Ce sera la rue Duler, dans les anciens bureaux de la « Gazette de Biarritz »,  local qu’Oldarra occupe encore aujourd’hui. Au 1er, le batzoki, au 2e la salle de répétitions.

1956-1957

De décembre 56 à mai 57, les ballets Oldarra sont en tournée aux Etats-Unis. Les txistularis Mattin Zubieta et Polentzi Guezala rejoignent en avion la troupe à New-York. Puis c’est Miami, le Nouveau-Mexique, le Texas, San Francisco, une incursion au Canada, et retour à New-York pour une représentation, le 7 avril 1957… au Carnegie Hall ! Les 3000 spectateurs demandent 6 rappels ! Au total, Oldarra aura donné 75 représentations lors de cette tournée américaine.

« Pour moi, [Juan Eraso] était une université à lui tout seul. Je suis resté avec lui pendant plus de dix ans, à vocaliser ici. J’ai souffert avec lui, il était très exigeant, mais j’ai tout appris de lui : savoir travailler la voix, diriger le choeur de façon ferme, simple et convaincante. »

Iñaki Urtizberea

1962-1972 : Juan, puis Iñaki

Côté chanteurs, en 1962, Juan Eraso succède à José de Etxabe.  Professeur prestigieux, fondateur et directeur de l’Agrupación Coral d’Elizondo, ancien directeur de l’Orfeón de Pampelune, avec lequel il a parcouru l’Europe, il est aussi professeur de chant au Conservatoire de la capitale navarraise. Le nouveau chef partage son temps entre Pampelune, Elizondo et Biarritz

Au bout de dix ans, en 1972, Juan Eraso laisse la Direction à Iñaki Urtizberea, qui est toujours aujourd’hui à la tête des chanteurs.

1975 : l’attentat déjoué.

Devant l’immeuble voisin, au 15 de la rue Duler, un paquet est déposé par un « ouvrier plombier ». Le soir, les membres du groupe Oldarra dînent au batzoki après la répétition. Alertés, les artificiers de la police désamorcent un paquet de 2 kilos de plastic. Deux basques ayant fui la dictature de Franco, habitant le studio du n°15, étaient visés.

Les avocats Maurice et Jean « Koko » Abeberry tiennent, avec deux autres avocats de Bayonne et St-Sébastien, une conférence de presse au batzoki d’Oldarra, devant les caméras de la télévision. Toute la région associera dès lors les réfugiés basques au local d’Oldarra.

En novembre, Franco décède.

En décembre, Oldarra se produit à l’Alhambra de Bordeaux puis à Londres pour le réveillon.

 

1979 : Gernika

C’est la nouvelle création chorégraphique des Ballets Oldarra. Cette évocation du bombardement de la ville symbôle du Pays Basque remporte un énorme succès, en Biscaye, lors de la première, puis à la Salle Lauga à Bayonne.

1981 : le choeur grandit

La partie Choeur prend de l’ampleur : 25 chanteurs permettent d’élargir le répertoire et de prendre un peu d’autonomie.

1982 : Nafarroa

Après Gernika, c’est le nouveau ballet original créé par Oldarra.

1989 : l’autonomie

« On va se marquer vraiment en tant que Choeur » (Iñaki Urtizberea). Oldarra va chanter cette année-là lors de 90 sorties, dont le Concours du Florilège Vocal de Tours, qui réunit 14 pays et 30 choeurs. Oldarra y avait déjà été finaliste en 1980, et remporte en 89 le Prix dans la catégorie « Voix égales ».

1997 : Disque d’or

« Le chant basque » est le premier CD édité par Oldarra. Le chœur apparaît dans plusieurs émissions télévisées et se produit lors de nombreux concerts. Le Figaro écrit, après un concert à St-Eustache à Paris : « Le choeur est ample, en marines majestés et en mâles douceurs. Premier choeur basque à atteindre le grand public hors du Sud-Ouest, Oldarra n’est pas une création de maison de disques surfant sur la vague du retour aux polyphonies et aux musiques traditionnelles… Il perpétue la vieille tradition basque du chant masculin. »

« Le chant basque » est disque d’or, avec 100 000 exemplaires vendus dans le monde.

1998 : danse et chant : deux destins parallèles.

La danse, avec Koldo Zabala, et le chant, avec Iñaki Urtizberea, décident de prendre chacun son autonomie. L’Association « Choeurs d’Hommes du Pays Basque Oldarra Abesbatza » est née. Les deux associations continuent à vivre en harmonie à la rue Duler, dont ils partagent les locaux.

Cette année-là, Oldarra est nominé aux Victoires de la Musique.

1998 : Oldarra s’engage pour l’euskara

Mikel Laboa (« Hegoak ») et Oldarra Abesbatza donnent un concert dans le cadre de la campagne de solidarité en faveur de la maternelle d’Urrugne en cours de construction, et du collège de Ciboure.

Après le concert à Ustaritz pour l’ikastola qui est en difficultés financières, Oldarra se produit à Espelette au profit de Haur Kantu Xapelketa, association qui forme les jeunes enfants au chant. Le choeur se produit aussi à St-Pée-sur-Nivelle pour Herri Urrats, le festival annuel qui soutient la fédération des Ikastola, Seaska.

En 98 sort aussi le deuxième CD : « Euskal Kantuak » (chants basques), où une soliste de 13 ans, Alicia Manfrini, enregistre 3 chants avec le choeur. Elle participe à la soirée de présentation du CD, à la Gare du Midi (Biarritz) devant 1400 spectateurs. Oldarra se produit aussi cette année-là au Zénith de Pau devant 1200 spectateurs.

2000 : l’Olympia

En cette dernière année du 20e siècle paraît le nouveau CD, enregistré à l’Abbaye de Belloc : « Euskal Herri, Terre des Basques ». Jacques Garay écrit dans La Semaine du Pays Basque : « Oldarra a retrouvé ses plaines de toujours » ; Xuberoa ? « cocktail plus souletin que nature » ; Zugana Manuela ? « habanera à faire fumer les membres de la Ligue Anti-tabac ». Et enfin, pour illustrer le mélange chants sacrés – chants profanes : « il y a deux endroits où le basque chante : au bistrot et à l’église. Oldarra a compris que pour se faire pardonner le bistrot, il vaut mieux bien chanter à l’église. »

Gilles Désangle, Directeur de Warner France, adresse une carte aux membres du groupe : « Oldarra brille sur la façade de l’Olympia. Ce qui dit mieux que n’importe quel mot le statut que vous avez atteint en France. » Ce passage dans un lieu aussi mythique que l’Olympia marquera la mémoire des chanteurs.

2007 : Sur les chemins de St-Jacques

Au printemps, Oldarra se produit dans pas moins de quinze églises, cathédrales ou abbayes sympoliques des quatre voies françaises empruntées par les pélerins : les voies de Vezelay (Vezelay et Bourges), du Puy-en-Velay (Puy-en-Velay, Albi et Conques), d’Arles (Arles et St-Guilhem le Désert), de Tours (Tours et Saintes). Après les concerts à Arudy, Arthez-de-Béarn, Saint-Palais, Accous et Roncevaux, la tournée se termine en apothéose à la Cathédrale de St-Jacques-de-Compostelle

2008 : 2e Kanta Berri

Après une première édition en 2004, ce second Kanta Berri réunit plus de 300 chanteurs issus de huit choeurs d’hommes.

La finalité : renouveler et enrichir le répertoire des chants basques grâce au concours de compositions. Oldarra a choisi une composition de Luis Elizalde Ochoa. Quand chaque choeur a chanté, les huit choeurs se regroupent et interprètent huit chants, dirigés alternativement par chaque chef de choeur. Iñaki Urtizberea dirige le dernier chant, « Kanta Berri » de Luis Aranburu.

2017 : Tournée des Abbayes

10 ans après les Chemins de St-Jacques, le choeur effectue une nouvelle tournée. Huit abbayes visitées, de la Marne et du Morvan à l’ultime concert à l’Abbaye de Belloc.

Oldarra en festivals

1947 Grand Prix d’Honneur au Concours Folklorique International de Menton.

1981 Concours de Tolosa

1981 Rencontres internationales de Tours

1998 Nominé aux Victoires de la Musique

1999 Midem de Cannes

2000 Festival de Carcassonne

2004 Festival de Melle en Deux Sèvres

           XXXe Festival de Musique Sacrée de Nice

2005 Festival de la Vézère et Rencontres Musicales de Hombourg-Haut

2007 Vocales de Thôsne et Nuits Lyriques & Voix du Monde en Marmandais

2010 25e Festival de la Culture et des Traditions à Janadriah (Arabie Saoudite)

2010 Rencontres Internationales de Choeurs d’Hommes du Canton de Vaud (Suisse)

2011 VIe concours international de habaneras et de polyphonies à Miranda de Ebro (Espagne) : meilleure interprétation de habaneras et meilleure interprétation polyphonique.

2019 2e Festival international Koruak, Bayonne.

Les pays visités depuis 1946

1951 Algérie, Italie, Espagne

1953 Angleterre (Londres)

1956 Italie

1956-1957 Etats-Unis, Canada

1975 Etats-Unis, Angleterre

1982 Allemagne, Suisse, Italie

1985 Allemagne, Suède

? Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Suède, St-Pierre-et-Miquelon

1986 Côte d’Ivoire

1988 Colombie

1996 Colombie

1997 Maroc

2000 Venezuela

2002 Gabon

 

2005 Luxembourg, Belgique

2008 Italie

2009 Belgique

2010 Arabie Saoudite, Suisse

2011 Québec, Suisse

2015 Suisse

et les salles à Paris :

1953 Théâtre de l’Empire

1957 Théâtre de l’Etoile

1976 Palais des Congrès, Salle Pleyel

? La Mutualité

1987 Bercy

1998 Parc des Princes (avant France-Angleterre de rugby)

2000 Olympia

 

 

Les responsables d’Oldarra

Directeurs musicaux

1946 – 1953 Philippe Oyhamburu

1953 – 1956 René Sarramaigna

1956 – 1961 José de Etxabe

1962 – 1972 Juan Eraso

1972              Iñaki Urtizberea

Présidents

 

 

1949 –           Félix Arosteguy

          – 1952 Pierre Abeberry

1952 – 1973 Maurice Abeberry

1973 – 1981 Jakes Abeberry

1981 – 1982 Michel Ithurbide

1982 – 1985 Roger Morin

1985 –            Mattin Zubieta

1998 – 2002 Jean-Pierre Irachilo

2002 – 2011 Pierre Larrandaburu

2011 – 2019 Jean-Michel Iroz

2019             Marc Mariée

Administrateurs/

Secrétaires

1939-1946 avec Olaeta Félix Arosteguy

1946 – 1949 Félix Arosteguy

1949 –           Jean Laurent

1982              Maite Zabala

1999 – 2000 Patrick Hiriart

2000 – 2003 Claude Barbier

2003 – 2008 Jean-Michel Gracia

2008              Jacques Rousserie

2009 – 2012 Jean-Michel Gracia

2012 – 2019 Xipri Mouesca

2019             Pascal Bouteiller

Le Conseil d’Administration actuel

Président : Marc Mariée ; Secrétaire : Pascal Bouteiller ; Trésorier : Jacques Aragon ; Secrétaire adjoint : Jakes « Bordagorry » Pennes ; Trésorier adjoint : Jean-Michel Gastigar ; Administrateurs : Jean Dauga, Louis Goffaux.

Cette page « Histoire d’Oldarra » a été construite principalement à partir des éléments du livre de Manuel Urtizberea, frère du Directeur Musical, Iñaki.

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